Les femmes s'engouffrent dans la voie du sabre
KENDO | Lausanne accueille ce week-end les championnats suisses de cet art martial spectaculaire. Où les combattantes n'hésitent pas à affronter les hommes, sabre en mains.
© JANINE JOUSSON | Anita Schmid (à g.) et Anne Claude, deux filles déterminées qui n'ont peur de rien dans le dojo lausannois. Elles compensent la force par la technique. LAUSANNE, LE 3 NOVEMBRE 2008
VINCENT PÉCLET | 07.11.2008 | 00:01
Si l'on ne se trouve pas dans le feu de l'action, le vacarme ambiant a de quoi déstabiliser. Serrés comme des sardines à l'intérieur du dojo, la trentaine de participants enchaînent les offensives.
Les bambous claquent sèchement contre les armures, les pieds martèlent le plancher et les cordes vocales traduisent de façon répétée la détermination de chaque assaut.
Dans ce brouhaha incessant, certains cris (appelés kiai en japonais) sonnent plus aigu que d'autres. Ce soir-là au Budokan Lausanne Kendo Club, l'entraînement compte quasi autant de combattantes que de combattants. Mais pas question de séparer les groupes par genre. Une fois le sabre de bambou (shinai) en mains, les kendoka féminines affrontent leurs homologues masculins sans complexe. Quel que soit l'adversaire, le but reste identique. Il s'agit de «couper» une des quatre cibles considérées comme valables, que sont la tête, les poignets, les flancs ou la gorge.
Responsable de l'enseignement au club lausannois, Olivier Perrenoud reconnaît que les femmes peuvent facilement rivaliser avec un adversaire masculin... à condition de persévérer. «Au début, un homme compense son manque de technique par sa force physique. En développant ses habiletés au fur et à mesure de son apprentissage, une femme est ensuite parfaitement capable de tenir tête à un homme. Les courbes de progression sont inversées», indique le grand (1,96 m) informaticien aux cinq dans.
Adapter sa force
Manon et Barbara, deux amies de 14 ans, se sont inscrites au Kendo il y a un mois et demi et avouent s'entraîner avec assiduité. «Je suis passionnée par la culture japonaise en général», souligne Barbara. La jeune collégienne fait part de la difficulté à se concentrer à la fois sur la cible et à garder les différents segments du corps alignés. «Il est important d'adapter sa force à l'adversaire», reconnaît-elle encore.
Plus loin, Anne en profite pour reprendre son souffle après plusieurs enchaînements. Cette combattante expérimentée, 2e dan et huit ans de pratique à son actif, prendra part aux championnats suisses qui se déroulent ce week-end à Lausanne. 3e en 2005 et médaille d'argent en 2007, elle dit ne pas avoir d'objectif particulier. A moitié japonaise par sa mère, elle confirme que n'importe quel profil peut s'adapter à la pratique du kendo. «Chacun tire avantage de sa propre morphologie.»
Soudain, Olivier Perrenoud interrompt les exercices et appelle ses élèves à moins de retenue. «Si tu as peur de venir me frapper parce que je suis vieux, je vais me fâcher!», dit-il en souriant. Et les bambous claquent de plus belle...
Championnat suisse de kendo. Vallée de la Jeunesse à Lausanne:
Samedi dès 13 heures, combats par équipe, Finale dès 16h30.
Dimanche, dès 9 h, combats individuels, juniors, femmes, seniors et open, finales dès 16h.
Entrée libre.
http://www.24heures.ch/sports/actu/femmes-engouffrent-voie-sabre-2008-11-06
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